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Liszt Franz - Consolations (S.172) (Sylvain Blassel)
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On associe parfois ces petites miniatures de Liszt au poème Une larme, ou consolation, tiré des Harmonies poétiques et religieuses de Lamartine (neuvième poème du premier livre). Liszt travaille en effet sur son important cycle pour piano (S.173) d'après ce même recueil de Lamartine lorsqu'il compose parallèlement ses six Consolations. Elles peuvent, ainsi, s'apparenter à une sorte de prolongement ou de bonus du grand cycle précédent.
Pour autant, les Consolations tirent sans doute davantage leur titre de celui du recueil de Sainte Beuve (publié la même année que celui de Lamartine, en 1830), bien qu'aucune des six pièces pour piano ne fasse directement référence à un poème en particulier.
Qu'importe, les deux volumes ont en commun ce même catholicisme romantique qui semble avoir tant inspiré Liszt. Lamartine évoque cette sécurité de l'âme qui croit à la providence et se confie à elle, lorsque Sainte Beuve, lui, accepte Dieu et toutes ses conséquences.

Les six Consolations de Liszt n'ont pas été composées de manière chronologique. La plupart sont écrites en 1848, excepté la troisème (en 1849) et la cinquième, dont on trouve déjà une première version en 1844, avec le titre Madrigal, abandonné par la suite*.

Liszt organise son recueil en trois groupes de deux pièces, en fonction de leur tonalité : les deux premières et les deux dernières, en mi majeur, et les deux centrales en ré bémol majeur.
Ce rapport entre les deux tonalités est assez peu fréquent. Il concentre l'attention sur la sérénité du ré bémol majeur de la troisième consolation, et augmente son aspect intimiste, presque sur le ton de la confidence.
Outre leur tonalité, les deux consolations centrales ne reflètent d'ailleurs pas tout à fait la même esthétique que les quatre autres. Doucement mélancolique et presque chagrine, la troisième consolation (la plus célèbre sans doute) est très imprégnée du langage de Chopin, récemment disparu, pour qui Liszt rédige en même temps un livre en son hommage. La consolation suivante est basée sur le thème d'une mélodie de la princesse Maria Pavlovna, grande duchesse de Weimar. L'origine aristocratique de ce thème est d'ailleurs discrètement suggérée en haut de la partition, par cette étoile à la forme de la croix de commandeur de l'Ordre du Faucon Blanc (Orden der Wachsamkeit), la plus haute distinction accordée par les grands-ducs de Weimar.
Enfin, la cinquième consolation retrouve doucement le chemin de mi majeur, après une courte introduction dont la première note, sol#, résonne encore comme le lab du dernier accord de la consolation précédente.
Ainsi, par la richesse de ces enchaînements, les six pièces du cycle semblent plutôt destinées à être jouées sans interruption, même s'il est toutefois possible de les isoler en les jouant individuellement.

Basée sur la première édition chez Breitkof & Härtel en 1850, cette adaptation pour la harpe ne présente aucune autre modification que l'ajout des pédales et la substitution de certaines notes par leur enharmonie, pour faciliter la lecture et la réalisation au pédalier.

                                                                                                                        Sylvain Blassel






* Sur la page de couverture de cette première version figurent les indications  :
« Madrigal, für meinen Freund Frn v. Ziegesar geschrieben, Weymar 5 Januar 44, Fz Liszt »
(Madrigal, écrit pour mon ami Frn [Ferdinand] v. [von] Ziegesar, Weimar 5 janvier [18]44 Fz Liszt)